C’est quoi la Vérité?

« On ne choisit pas la vérité parce qu’elle est simple, facile ou qu’on l’a vécue toute notre vie. On la choisit habituellement parce qu’on a suffisamment expérimenté la souffrance du mensonge pour avoir envie d’autre chose. »

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Ce texte est en partie extrait du chapitre 3 (Au coeur de la Vérité) de Le livre de la Vérité.

Non, je ne prétends pas savoir ce qu’est la vérité. Ce serait “un peu pas mal” prétentieux. Un peu comme si je prétendais savoir ce qu’est Dieu. Peut-être que ma vision de la vérité est la vérité et peut-être que je suis complètement dans le champs, qui sait! Ce qui importe est que ma vision de la vérité est en cet instant ma Vérité, et c’est ce que je propose de vous partager dans cet article.

On ne choisit pas la vérité parce qu’elle est simple, facile ou qu’on l’a vécue toute notre vie. On la choisit habituellement parce qu’on a suffisamment expérimenté la souffrance du mensonge pour avoir envie d’autre chose. C’est ainsi que l’on revient ultimement vers ce qui est fluide, léger et naturel et ça, c’est l’essence même de la vérité. C’est en l’incarnant et en l’exprimant que vous permettrez à l’illusion de votre mensonge de s’effondrer et que vous pourrez enfin vivre pleinement et librement. Sachez-le, vous êtes le maître d’oeuvre de votre vie. 

Je définis la vérité comme le fait d’accueillir et d’honorer ce que nous vivons et ressentons à chaque instant en osant l’exprimer, l’exposer et le partager, et ce, même si la peur, la honte ou la culpabilité nous poussent à le réprimer.

C’est dire les choses telles qu’elles sont sans tenter de les camoufler, de les déguiser ou de les maquiller. C’est oser vivre, voir et ressentir à notre manière unique malgré le discours abrutissant du mental qui nous entraîne dans un tango de questionnements pour/contre, positif/négatif, blanc/noir, afin que nous posions les « bons » gestes pour satisfaire et rendre confortable autrui plutôt que nous-mêmes. C’est faire un pied de nez à toutes ces croyances non fondées et souvent erronées qui nous étouffent, pour vivre pleinement à bras ouverts et accepter que nous sommes des êtres humains en apprentissage, ici et maintenant, et que chacun a le droit d’être et d’exister exactement tel qu’il est, malgré ce que lui-même ou la société juge juste et bon.

Nous avons en effet appris à voir la vérité et le mensonge avec les yeux de la dualité dans ce monde mental où une étiquette ou une catégorie trouve toujours son opposé. C’est ainsi que nous nous perdons dans la confusion, nous questionnant à partir de nos valeurs et croyances pour classer les choses d’un côté ou de l’autre. En ce sens, la vérité a reçu la glorieuse étiquette « positive » et le mensonge est le grand perdant avec l’étiquette « négatif ». Nous voyons la vérité comme bonne et le mensonge comme mauvais, mais il est intéressant de constater comment la vérité « positive » devient soudain « négative » quand elle dérange, et combien le mensonge « négatif » devient soudain « positif » quand il est temps de préserver une supposée paix ou de sauver les apparences. C’est donc dire que toute perception est variable et changeante et qu’en ce sens, la vérité n’est ni positive ni négative, tout comme le mensonge n’est ni négatif ni positif. Seule notre perception de ces derniers l’est. 

On croit que la vérité, c’est faire ce qui est généralement approuvé, mais non. C’est faire ce qu’on « ressent de faire » même si nous allons à l’encontre de l’approbation d’autrui. C’est aussi admettre et accepter que nous sachions au fond de nous ce que nous devons dire ou faire, tout en reconnaissant que nous ne soyons pas toujours en mesure de nous y plier. Nous avons besoin d’expérimenter avant de pouvoir choisir. C’est ce qui nous procure confiance et solidité dans nos choix. Combien de fois ai-je ressenti de la distorsion au cours de certaines collaborations, sachant que je devais harmoniser quelque chose ou y mettre un terme, mais que je manquais de courage? Combien de fois ai-je été incapable de dire ce que je ressentais parce que je me rabaissais, me dévalorisais et mettais ainsi certaines personnes sur un piédestal? Combien de fois me suis-je empêchée de dire ce qui était prêt à être exprimé par peur des réactions ou par crainte de perdre une occasion, de l’argent, une amie, un amour?

La vérité c’est se permettre d’Être. Le mensonge c’est tenter d’être. La vérité est fondée sur ce que nous dit notre petite voix. Le mensonge c’est faire taire la petite voix en remettant son ressenti en question à l’aide du mental. 

On pourrait croire que choisir la vérité serait naturel ou évident, mais c’est tout le contraire. Choisir de dire la vérité demande déjà énormément de courage en soi, mais vivre dans sa Vérité relève presque du miracle, le miracle d’être soi. Pour ma part, je ne connais que très peu de gens qui osent ce chemin, car il demande d’entreprendre l’excursion la plus extraordinaire et périlleuse qui soit, celle de descendre dans cette grotte noire en nous, seuls, sans torche, sans armes et sans trop savoir ce qui s’y trouve. Certes le grand trésor de qui nous sommes attend sagement là depuis toujours, mais de nombreux fantômes montent la garde en permanence. Ils ne sont pas dangereux, mais ils savent comment nous faire peur et sont très habiles à le faire. 

Nous cherchons souvent ce « diamant brut » en nous dans le but d’accéder au succès, au bonheur et à l’abondance à l’extérieur de nous. C’est un non-sens, un mensonge, une illusion. Utiliser ce qu’on est dans le but d’obtenir ce que le mental veut est pour moi amoral, mais ça fait partie intégrante de la grande expérience humaine. C’est ce que j’ai fait toute ma vie avant de saisir l’immensité de tout ce qu’est la vérité. On peut très bien réussir sa vie et être heureux ainsi, mais je sais qu’il y a de nombreuses personnes pour qui ça ne fonctionne pas.

Au-delà de cette image de succès et de bonheur qu’on projette souvent sur Facebook ou Instagram, on en arrive bien souvent à choisir la vérité parce qu’on a tout essayé à chercher d’être cette version illusoire de nous, croyant qu’elle nous apporterait le gros lot, mais on en vient à un point où, toujours aussi vide, terne, sans vie et épuisé d’avoir tout tenté en ramant à contre-courant, on abdique. On dépose les armes et on cesse de se battre. On arrive au bout du chemin du mensonge et on frappe le mur de la honte. C’est souvent quand plus rien n’a de sens qu’on met le gros orteil dans la vérité, puis un pied, une jambe et que, très vite, on y plonge tête première. De plus, on se rend compte que l’on ne peut pas exiger des autres qu’ils soient ce qu’on voudrait qu’ils soient.

Gandhi disait : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. » Je paraphraserais : « Sois la vérité que tu recherches », puis j’ajouterais « et le mensonge disparaîtra de ta vie. » 

L’aventure de la vérité est exigeante, pour ne pas dire carrément agaçante par moments, car elle nous demande toujours de nous regarder nous-mêmes avant de pointer les autres du doigt. Nous la mettons bien souvent au bas de notre liste de priorités, mais nous devrions lui accorder davantage d’importance, car c’est à partir d’elle que la vie que nous souhaitons vivre se crée. 

La vérité est neutre et unique à chacun, car elle ne vit pas dans un espace mental de comparaison. Elle est ce que nous ressentons, simplement. C’est quand nous nous permettons de la vivre ainsi et que nous nous libérons du besoin de lui accoler des qualificatifs de toutes sortes que la paix s’installe en nous et que notre Vérité peut enfin se dévoiler au grand jour.