Réprimez-vous votre Vérité?

Ce texte est extrait du chapitre 8 du Livre de la Vérité, lequel est intitulé « Entre taire et exprimer sa Vérité ».

Nous sommes nombreux à ne pas avoir appris à communiquer. Nous avons appris à dire ce qui nous passe par la tête et à nous faire entendre, ainsi qu’à nous taire afin de sauver les apparences ou de sauver la face. Nous avons appris à étouffer la vérité pour ne pas souffrir et pourtant, c’est le fait même de cacher la vérité qui fait de nous des martyrs.

Nous vivons dans un monde où il n’y a jamais eu autant de moyens de communiquer et pourtant, combien d’entre nous se sentent seuls, incompris, mal aimés? 

Nous voulons être entendus, considérés et sentir qu’on nous apprécie, mais combien osent vraiment exprimer ce qu’ils ressentent? Combien tendent réellement l’oreille à autrui? Qui se réserve du temps pour simplement écouter sans tenter de s’objecter, d’avoir raison, d’avoir le dernier mot? 

En cette ère où nous communiquons à coups d’émoticônes et d’applications qui nous transforment en chat, en chien ou en lapin, l’essence de la communication, qui est pour moi une expression de notre Vérité, de notre ressenti et de nos expériences, se perd. Nous craignons de dire les vraies choses par peur de déplaire, de blesser ou de décevoir, mais aussi d’être rejetés ou jugés. Nous n’avons pas appris à nous exposer, à exister librement et à oser notre voix. On nous a forcés à entrer dans les rangs, à ne pas déranger, à tenir notre langue et à nous fondre dans la masse. 

Ce monde où nous sommes encore prisonniers est en train de s’écrouler. Un nouveau modèle émergeant appellera chacun de nous à oser sa Vérité à chaque instant, jusqu’au jour où nous vivrons dans cet état aussi naturellement que nous respirons. Ce n’est pas demain la veille, mais dans ce grand processus de transition qui nous ramène à l’Être, à l’expression pure et libre de qui nous sommes réellement, la communication est une grande alliée qu’il nous faut selon moi apprendre à apprivoiser. 

« La communication, c’est la possibilité de s’unir dans l’expérience plutôt que de se séparer dans le jugement. » – Le livre de la Vérité

Quand nous commençons à vivre et à exprimer notre Vérité après nous être tus pendant longtemps, c’est souvent la souffrance que nous exprimons en tout premier lieu. À ce moment, disons-le-nous franchement, ce n’est pas toujours mélodieux.

J’ai tendance à croire que c’est encore une étape nécessaire sur le chemin du retour à l’Être, car nous nous sommes trop retenus ou nous avons été trop imprégnés des conséquences de la retenue par notre entourage et par nous-mêmes. Toutefois, je crois que les générations à venir, qui vivront naturellement davantage dans leur Vérité, sans se réprimer, pourront se libérer avec beaucoup plus de facilité et de légèreté. 

Dans mon apprentissage de la communication, j’ai observé différents comportements que nous adoptons afin de nous cacher la vérité, et que j’appelle les schémas de répression de la vérité. Je vous propose de les explorer avec vous : 

– la constipation émotionnelle, 

– la diarrhée verbale, 

– le silence toxique, 

– le crachat venimeux, 

– l’implosion émotionnelle, 

– l’explosion émotionnelle. 

LES SCHÉMAS DE RÉPRESSION DE LA VÉRITÉ

La constipation émotionnelle

La constipation émotionnelle est un bouchon énergétique intérieur qui se met en place quand on tait trop longtemps sa Vérité par la retenue, les non-dits, le refoulement des émotions (positives ou négatives), la répression de ce que l’on a pourtant envie de vivre ou d’exprimer, le jugement de ce que l’on est et pense, l’étouffement de sa créativité, de sa vision du monde ou de ses idées, entre autres.

Tout ce que nous refoulons devient déchets, lesquels nous intoxiquent physiquement, émotionnellement et mentalement, obstruant le chemin vers notre Être, notre essence, notre Vérité.

Nos poubelles intérieures, connues ou non, nous empêchent de rayonner qui nous sommes. Elles nous coupent de toute la beauté de notre unicité et en privent le monde également. Elles peuvent causer de nombreux maux physiques allant d’une réelle constipation à la maladie grave, en passant par l’anxiété, le mal-être profond, la dépression, la perte de joie de vivre et les idées suicidaires.

Si je dis cela, c’est que je l’ai vécu et que je l’ai vu de nombreuses fois en action à travers toutes sortes de réactions physiques. Le corps parle. Il suffit de savoir l’écouter. À mon sens, le seul laxatif assez puissant pour soulager la constipation émotionnelle passe par la communication et l’expression de notre Vérité, en l’accueillant en soi-même et pour soi-même d’abord, et en la communiquant ensuite si c’est ressenti et nécessaire.

 

La diarrhée verbale

Cette dernière est le contraire de la constipation émotionnelle. Après avoir trop longtemps refoulé la vérité au fond de soi, la diarrhée verbale vient expulser un bon nombre de mots à la minute avec une grande intensité, sans que nous ayons préalablement pris soin de nous déposer, de respirer et de prendre la responsabilité de nos émotions avant de nous exprimer.

C’est une communication à sens unique où il n’y a ni présence à l’autre, ni vraiment d’intérêt à son endroit. C’est comme si on avait cinq bouches, mais pas d’oreilles. On veut se faire entendre, mais on ne veut pas écouter. C’est vomir des mots sans discernement. C’est vouloir crever, consciemment ou non, un abcès sur une chose ou une accumulation de choses. Elle n’est toutefois pas destructrice, accusatrice ou violente, tel que pourrait l’être le crachat venimeux que j’expliquerai plus loin.

Vous reconnaîtrez la diarrhée verbale notamment par un débit très rapide et parfois plus aigu, la confusion, l’essoufflement, la lourdeur et la sensation que vous vous videz de votre énergie. Quand nous carburons à l’adrénaline, nous devenons de très bons candidats.

Aussi, vous constaterez que le discours de la personne en diarrhée fuse dans tous les sens, qu’elle passe d’un sujet à un autre en ouvrant mille portes, sans les refermer, ce qui est extrêmement énergivore pour son interlocuteur, qui a beaucoup de mal à la suivre. Prenez garde de vous faire bouffer votre énergie par ce genre de personne. Si ça vous arrive, respirez abondamment, doucement, lentement. Laissez la personne vivre sa diarrhée, en vous respectant toutefois, en y mettant un terme si vous en sentez le besoin. Vous n’êtes pas un bac à ordures. 

Il y a aussi ces personnes que nous surnommons des moulins à paroles ou des pies, qui ne sont pas négatives ou lourdes, mais qui parlent sans arrêt. Elles nous grugent tout autant d’énergie si nous les laissons faire. C’est simplement plus subtil, puisque nous voyons cela comme positif du fait qu’il ne s’agit pas d’apitoiement de leur part. On a donc tendance à les tolérer.

Ces personnes ne parlent pas nécessairement d’elles-mêmes, comparativement à la diarrhée verbale, mais elles déblatèrent sur tout et sur rien, ce qui est un autre des symptômes du refoulement et du refus de voir ou de vivre sa Vérité. C’est un mécanisme inconscient qui a pour but d’éviter de ressentir le malaise du silence. 

D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’on dit que le silence est d’or, car le silence est vérité lorsqu’il est vécu dans l’accueil, la paix et la présence. En ce sens, être mal à l’aise dans le silence, c’est soit être inconfortable dans sa Vérité, dans la Vérité de l’autre ou dans la Vérité qui nous unit.

Lorsqu’il y a un malaise palpable dans le silence, c’est souvent que quelqu’un ment, consciemment ou non, en refoulant sa Vérité. Ça peut être nous, ça peut être l’autre et ça peut être les deux, en faisant par exemple semblant que rien ne s’est passé après une prise de bec. Je suis certaine que vous avez déjà vécu une expérience du genre. Si ça vous arrive à nouveau, demandez-vous s’il y a quelque chose que vous vous cachez. 

 

Le silence toxique 

Le silence toxique est le fait de taire volontairement et consciemment la vérité sur ce qu’on est, ressent et vit. C’est donc mentir, même si cette perspective ne nous plait pas. Ce n’est pas seulement le fait de taire les mots. C’est aussi retenir des gestes qu’on sent pourtant le besoin de poser. C’est empêcher la lumière de la clarté d’être, se privant tant soi-même qu’autrui de vivre la vérité et de s’harmoniser avec elle. Le silence toxique nous fait dévier de notre Vérité pour nous mener sur une voie parallèle et illusoire qui n’est pas la nôtre. 

Si le silence est d’or lorsqu’il est vécu dans l’accueil, la paix et la présence, il est de plomb lorsqu’il sert à camoufler l’inauthenticité. Il est souvent la conséquence du refus de prendre position face à sa Vérité. C’est laisser l’autre décider, choisir, contrôler, même si l’on n’est pas d’accord ou frustré. C’est acheter la paix, éviter les problèmes ou les confrontations tout en entretenant l’illusion que l’autre n’y verra que du feu. Ce sera pire en fait, car l’autre saura au fond de lui que quelque chose n’est pas vrai. Il le sentira sans le comprendre, car ce n’est pas ce qu’il perçoit rationnellement. Ainsi il doutera, il craindra et s’il ne cherche pas à valider ce qu’il ressent par tous les moyens possibles, il pétera un plomb tôt ou tard.

Le silencieux toxique lui reprochera alors probablement son accès de colère, se mettant souvent, même inconsciemment, sur un piédestal. Le poison s’installera alors dans la relation et si la vérité n’éclate pas tôt ou tard pour devenir une habitude de vie, le couple s’éteindra, selon le désir de chacun de vivre sa Vérité. 

 

Le crachat venimeux 

Comme son nom l’indique, le crachat venimeux consiste à cracher son poison au visage d’autrui. C’est se déresponsabiliser complètement en pointant du doigt, accusant, jugeant et condamnant souvent avec hargne et mépris. C’est rejeter la faute sur l’autre, voulant avoir le dernier mot, refusant d’avoir tort.

Les cracheurs venimeux voient rarement le positif. À leurs yeux, le monde est dans l’erreur et toujours inadéquat. Ils ont toujours quelque chose à redire. Ils chialent et critiquent sur tout et sur rien. Ils souffrent beaucoup intérieurement, mais n’aiment pas se l’avouer. Ça leur prend souvent un choc fracassant pour qu’ils changent.

Ils font souvent aussi la promesse de changer, mais le naturel revient vite au galop. S’ils continuent de choisir la souffrance, ils peuvent être destructeurs, voire violents si on se laisse mener par eux. Ce sont de très bons candidats à la violence psychologique. Au fond d’eux ils ne sont pas méchants, ce pourquoi nous restons souvent à leurs côtés. Ils sont très souffrants et ne sont pas prêts à se regarder dans le miroir pour vivre leur Vérité. 

 

L’implosion émotionnelle 

L’implosion émotionnelle est une conséquence directe du refoulement ou de la retenue de l’expression de sa Vérité. On la voit davantage chez les personnes dites hypersensibles, ainsi que chez celles qui ont une faible estime d’elles-mêmes.

Au lieu d’exploser comme un volcan dans la diarrhée verbale et le crachat venimeux, ces personnes plus timides ou vulnérables s’écrasent sur elles-mêmes, retenant tout intérieurement et se cachant très souvent pour ce faire, par peur ou par honte. Elles pleurent en silence, en cachette.

Fragiles et ressentant souvent la douleur d’autrui (empathie), elles préféreront tout garder en elles plutôt que de risquer de blesser, de déplaire, de choquer ou de faire souffrir quelqu’un. Elles s’alourdiront au point de vouloir mourir, craignant souvent le rejet et l’abandon et redoutant de ne pas être aimées.

Ne comprenant souvent pas ce qu’elles ressentent, ne sachant comment l’exprimer et doutant constamment d’elles-mêmes, elles se recroquevillent sur elles-mêmes, s’éteignant à petit feu jusqu’à l’implosion intérieure. Elles apprendront ensuite à s’exprimer peu à peu si la charge de rétention n’est pas trop importante et si elles sont accueillies et entendues dans l’apprentissage de l’expression de leur Vérité.

Dans le cas contraire c’est l’explosion assurée. À ce moment, si l’explosion est elle aussi réprimée, un profond mal-être risque fort de s’installer, causant maux, maladies et, malheureusement, de trop nombreux dommages collatéraux. 

 

L’explosion émotionnelle 

À l’inverse de l’implosion, l’explosion émotionnelle est un trop-plein évacué sous une forte charge émotive, plutôt négative, énonçant souvent des reproches ou toutes les composantes d’une « écoeurantite aigue ». Les propos, privés de douceur et de compassion, sont plutôt empreints de colère et de rage et si la charge de rétention est trop forte, ils peuvent déclencher la violence verbale et parfois même la violence physique.

Certains vont jusqu’à tuer, comme nous le voyons trop souvent aux nouvelles. C’est un bouchon qui saute, c’est un volcan intérieur qui entre en éruption et qui crache son feu au visage des interlocuteurs. Des expressions telles « sauter une coche », « péter les plombs » ou « perdre la boule » représentent bien ce qu’est l’explosion émotionnelle.

Notez toutefois que cette dernière diffère du crachat venimeux en ce que l’explosion résulte d’une longue accumulation intérieure, conséquence du déni de sa Vérité, dont la pression est devenue trop forte pour être contenue. Le crachat quant à lui est davantage un comportement récurrent qu’un événement isolé.

Alors, vous êtes-vous reconnu quelque part dans ses schémas de communication? Je parie que vous avez surtout pensé à certaines personnes, ai-je raison?

Je n’ai pas créé les schémas de répression de la vérité afin que nous nous mettions à nous juger, ainsi qu’à craindre de communiquer. Mon but est simplement de nous donner des points de repères qui peuvent nous aider au sein de nos échanges avec les autres, à prendre conscience d’où et comment nous nous échappons de nous-mêmes, si je puis le dire ainsi. 

On a bien beau me dire une experte en communication, il m’arrive très souvent de communiquer au travers tous ces schémas. Ils ne sont pas quelque chose à apprendre, comprendre ou maîtriser afin de “communiquer parfaitement”, mais bien simplement un repère que je vous invite à vivre avec auto-dérision, légèreté et compassion envers vous-mêmes.

C’est en s’observant qu’on apprend à se connaître et à se comprendre, ce qui nous aide à mon avis à mieux nous accepter et nous aimer.

« Ouvre ton coeur et parle. La vérité ne te tuera point. »

 

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Le livre de la Vérité a pour raison d’être de vous accompagner dans l’exploration, l’expérience et l’expression de votre Vérité.

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