J’ai juste envie d’être folle

Sérieux, arrête. Toi ma tête, arrête.

Arrête de me dire comment je dois être ou vivre. Je ne veux plus que tu me dises comment penser ou agir. Je me fiche de ne pas être assez ci ou trop ça. Essayer d’être normale, sérieux, ça sert à quoi?

Je suis rendue là, à avoir envie d’aimer intensément ou ne pas aimer pantoute sans avoir besoin d’une thérapie. Sans avoir besoin d’analyser mes faits, gestes ou comportements dans l’espoir de trouver ce qui ne va pas avec moi.

Ce n’est pas moi la biz, l’intense ou la spéciale. C’est ce monde de fou qui est malade et éteint. Je suis là à essayer de « fiter » dedans comme une p’tite fille qui veut que son prof soit fière d’elle. Pour être aimée, acceptée et reconnue je suppose. C’est toujours la même histoire, mais sérieux, ça sert à quoi?

Suis-je trop en colère? Peut-être! Ne suis-je pas assez motivée? Ça se peut. Je me pose peut-être trop de questions, et puis? Ça dérange qui au juste? Ceux qui ne s’en posent pas assez peut-être?

Sais-tu quoi? J’ai envie de me foutre de tout ça, parce que trop et pas assez c’est encore de la foutue comparaison basée sur des normes que je n’ai plus envie de suivre. Que ce soit les miennes ou celles des autres, ça ne me tente juste plus.

J’ai le goût d’arrêter de me créer des structures de vie pour me rendre malade à essayer de m’y mouler. J’ai le goût de me permettre parfois de trop boire, de mal manger ou de ne pas faire assez d’exercice. De juste être déçue, frustrée ou d’avoir mal à mon petit coeur sans me faire faire la morale. Sans essayer de me changer ou de me faire dire qu’il faudrait que je sois plus positive ou ouverte. Sérieux, on peut tu juste être humain? On peut tu arrêter de vouloir devenir des êtres immaculés?

On vit comme si on était parfaits et en contrôle de tout. Comme s’il ne faudrait pas péter ni se casser un ongle, mais sais-tu quoi? Je me rends compte que la vraie vie se passe quand justement, on se pète la margoulette. Quand on braille en boule en morvant dans nos oreillers parce c’est là qu’on décide qu’il y a des choses dans notre vie qui vont changer. Qu’on va arrêter de tolérer n’importe quoi et qu’on va oser notre Vérité.

Oui, la vie se découvre quand tout est tout croche et que surtout rien n’est parfait. Quand on se trompe, qu’on se plante, qu’on gaffe et qu’on comprend simplement sans avoir besoin d’un BAC en psychologie. C’est là, quand on mange ses bas un ti peu ou carrément intensément, qu’on vit vraiment la vie. Qu’on se voit tout nu. Qu’on apprend à s’aimer et à s’apprécier comme on est.

La positivité toxique, ça me donne mal au coeur. C’est comme essayer de voir le ciel gris avec des lunettes roses. Tsé, un rose paparmane. C’est tenter de se convaincre qu’une odeur de swomp ça peut sentir les roses. Essayer de faire semblant que les choses ne sont pas ce qu’elles sont, c’est de la pression qu’on se met inutilement. C’est de la violence inconsciente.

Quand ça pue, ça pue pis quand c’est gris c’est gris! Ça peut tu juste être ça sans qu’on essaie de tout transformer? De voir et d’accepter les choses comme elles sont, parce que sérieux, si on veut tout changer tout le temps, pourquoi on met tant d’efforts à s’aimer et se faire aimer comme on est?

A 43 ans là, j’ai envie d’être folle. Folle raide. Tellement folle que mon cerveau en virerait fou, n’ayant plus aucun repère de ce qui normal et acceptable. Il capoterait raide en se disant « sérieux, tu ne peux pas faire ça ».

Sais-tu quoi? Ben oui je peux.

Je ne croyais pas au mythe de la quarantaine, mais vraiment après 40 ans, il se passe quelque chose. T’es plus jeune mais t’es pas encore vieux. Tu remets parfois tout en question ou tu te demandes inutilement comment les choses auraient été si tu avais fait des choix différents. Et finalement tu te prends un petit verre de vin, tu te mets à danser dans ta cuisine et tu te dis :

« Au yiable les questions. Je veux juste vivre pour les prochaines 20 minutes ou les 20 prochaines années. That’s it, that’s all ».

Après 40 ans, tu te retrouves face à toi-même plus que jamais, car tu sais que tu peux plus tellement attendre. Tu te rends compte que t’as plus 20 ans, mais que la vie est encore remplie de possibilités. Le hic toutefois, c’est que tu t’es bâti un confort et que t’es plus aussi intrépide qu’avant pour en sortir.

Tu vois aussi tout ce qu’il a eu de beau dans ta vie en dépit de ce qui a été pas facile et parfois carrément vraiment tough, et soudain comme ça, la gratitude entre dans ton cœur pour prendre la place de la colère, de la tristesse ou la déception. Un grand ménage se fait et sans vraiment t’en rendre, comme ça tu changes et tu redeviens ce « toi » que tu n’as jamais vraiment connu.

Je ne suis plus jeune, mais je ne suis pas encore vieille. Plus je vois se multiplier mes chevaux blancs, plus j’ai le goût de partir sans prévenir. De prendre des décisions sur un coup de tête sans réfléchir, sans méditer pendant trois mois ou essayer de parler à mon cœur pour sentir « la » bonne réponse. J’ai le goût d’aller là où je sais que ce ne sera pas confortable. Là où je sais que ça ne sera pas comme je voudrais, parce que quand je vais là où je crois que je dois aller, c’est que je suis un chemin de raison et non de folie et là, draite là, j’ai juste envie d’être folle.

Ouin, je suis rendue là. J’ai juste envie d’être bien. De cesser de courir après des rêves et des projets pour mordre dans la beauté parfois délabrée du présent. De compter cents ou millions, mais de me sentir riche peu importe. Riche de la vie. Riche de l’expérience. Riche du courage d’avoir osé. Riche de tout ce qui ne se calcule pas et tout ce que nous oublions au quotidien.

Ouin. J’ai juste envie d’être vraie. Juste envie d’être moi, juste envie d’être folle, parce que sérieux sinon, la vie ça sert à quoi?

Le livre de la Vérité a pour raison d’être de vous accompagner dans l’exploration, l’expérience et l’expression de votre Vérité.

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