La conscience de responsabilité

« Se responsabiliser n’égale pas et n’inclut d’aucune façon de prendre en charge ce qui ne nous appartient pas ou de se culpabiliser pour ce qui nous appartient, mais dont nous n’étions pas encore conscients. »

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Ce texte est extrait du chapitre 3 (Au coeur de la Vérité) de Le livre de la Vérité.

Je ne suis certainement pas la première à aborder ce grand principe selon lequel tout part de nous. Bon nombre d’écrits en parlent. Mon but ici n’est pas de le définir, mais bien simplement de vous démontrer dans quelle mesure tout à mon sens part de ce principe. C’est ce que je crois, vis et expérimente. 

Je crois que notre passé influe directement sur notre acceptation ou notre rejet de notre responsabilité dans ce que nous créons aujourd’hui. Il serait ainsi probablement plus facile pour une personne ayant grandi dans l’amour et l’abondance d’accueillir son passé, en dépit de ses manques, que pour celle qui a vécu dans la pauvreté, la violence ou les drames marquants. La première aura souvent plus de facilité à se responsabiliser que la seconde, qui reste pour sa part aux prises avec ces images du passé tant qu’elle. Or, se responsabiliser n’égale pas et n’inclut d’aucune façon de prendre en charge ce qui ne nous appartient pas ou de se culpabiliser pour ce qui nous appartient, mais dont nous n’étions pas encore conscients. Il est totalement illogique à mon sens de se persécuter pour n’avoir pas su ce que nous ne savions pas que nous ne savions pas. 

La Vérité nous habite tous et au coeur de la pure vérité, nous savons. Nous sommes connaissance. Nous sommes création. Pour expérimenter et cheminer en conscience, nous avons besoin de co-créer de la même façon que deux équipes sportives doivent s’opposer pour qu’un match ait lieu. C’est d’ailleurs ainsi qu’elles peuvent se perfectionner. Rien ne peut être créé sans une correspondance vibratoire entre les créateurs. Ainsi, accuser, exiger, réprimander, salir, réfuter, c’est mettre sur les épaules de l’autre l’entière responsabilité de la co-création et donc rejeter le co-créateur en soi, ce qui revient ultimement au rejet de sa Vérité. 

Je sais qu’il n’est pas facile d’accepter la notion de responsabilité. J’y ai moi-même énormément résisté, je le confesse. Rien ne vous y force ni ne vous y oblige, je vous le rappelle. Tout arrivera au bon moment, ayez confiance. Je n’aurais pu écrire Le livre de la Vérité si je n’avais pas souffert de « victimite aiguë » une bonne partie de ma vie. Chaque étape du processus est importante.

Soyez en paix. Vous ne faites rien de mal. Si vous m’aviez parlé de co-création alors que j’avais 30 ans, je vous aurais repoussé du revers de la main. Je n’étais pas prête à cela. Je vivais autre chose, quelque chose de nécessaire à ma transformation. Je le comprends aujourd’hui. Je me souviens que je ne pouvais même pas entendre le mot « Dieu » sans que mon corps entier se braque, mais à un certain moment, j’en ai eu assez de souffrir et je me suis ouverte à autre chose, naturellement et sans rien forcer. D’autres chemins se sont ainsi dévoilés à moi. Je n’ai eu ensuite qu’à choisir de les suivre ou non. 

“Aucune vérité ne peut être affirmée, car elle trouve son visage en chacun d’entre nous. Il est de notre responsabilité d’oser la vivre et l’exprimer, ou alors de la taire et d’en subir les conséquences.” – Le livre de la Vérité

J’ai publié en 2017 sur le site de Huffington Post Québec un article intitulé Réseaux sociaux : servir ou détruire, dans lequel j’affirmais que les réseaux sociaux, comme tout ce qui existe, sont neutres. C’est avec ces fichues étiquettes qu’on leur accole qu’ils deviennent bons ou mauvais, positifs ou négatifs. Sachez que rien ne peut nous affecter, nous détruire ou nous persécuter si nous ne le permettons pas d’abord. Ainsi, selon l’exemple que je donnais dans l’article, « un marteau peut servir à construire la maison de vos rêves, mais il peut aussi servir à tuer. L’outil en soi est neutre, mais dans quelle intention a-t-il été créé? Avec quelle intention est-il utilisé? » 

Il en va de même de toutes les expériences que nous faisons. Elles sont neutres et ont une raison d’être que nous ne connaissons pas. Ne pas savoir, qui est en fait l’inconnu, c’est ce qui rend parfois un peu dingues bien des êtres humains. Si nous vivions ces expériences simplement, sans tenter de les analyser, de les contrôler et de les classer, accueillant tout ce que cela nous fait vivre avec compassion pour nous-mêmes, en exprimant notre Vérité en toute vulnérabilité, la vie serait tellement plus légère! Au lieu de cela, nous revêtons le costume de la victime en criant à l’injustice pour tout ce que nous qualifions de mauvais et de négatif, ne voulant que vivre le beau côté des choses. Mais vouloir le beau côté des choses sans être en paix avec l’entièreté de l’expérience humaine, c’est automatiquement s’attirer le mauvais quelque part dans notre vie. 

C’est entre autres cette philosophie que tout doit être positif qui nous empêche de vivre pleinement ce qui doit être vécu pour nous mener là où nous devons aller. J’ai jadis cru que je devais faire de ma vie quelque chose de parfait pour avoir le sentiment de l’avoir réussie, mais je vois les choses différemment depuis que je m’autorise à Être et à vivre ma Vérité. La vie est parfaite en l’expérience qu’elle nous propose, qui est issue de notre création, qui elle est issue de notre Vérité. Si nous souffrons, c’est selon moi que nous rejetons l’expérience, en tout ou en partie, et que nous tentons plutôt de faire de notre vie une oeuvre de perfection. Cette voie est celle de l’illusion. Cette voix, c’est le grand mensonge. 

Je m’exerce encore aujourd’hui à voir la vie comme une multitude de cycles plutôt que de tenter d’en faire une expérience linéaire qui ne me confronte pas trop.

Rien n’est constant, tout est mouvement.

La vague se forme et s’écrase sur le rivage. C’est ce qui en fait toute la beauté, mais nous avons appris à la dominer plutôt qu’à nous fondre en elle. La vague de la vie n’est pas faite pour être contrôlée, mais bien pour être surfée. 

Un dernier petit mot sur la responsabilité. Dans son livre Braver sa nature sauvage (Béliveau Éditeur, 2018, 216 pages), Brené Brown rapporte l’entrevue qu’elle a réalisée avec Viola Davis, actrice et productrice américaine. Celle-ci disait : « Je ne prendrai plus à mon compte les défauts et les critiques des gens. Je ne prendrai pas à ma charge ce que vous dites de moi. » 

Cet énoncé est entré par une de mes oreilles et n’est jamais sorti par l’autre. Il a permis à plusieurs idées de se démêler dans ma tête, afin que chacune puisse prendre sa place, m’apportant ainsi la clarté et la compréhension dont j’avais besoin pour ENFIN me libérer de la prise en charge de l’opinion d’autrui à mon endroit.

N’est-ce pas là un de plus grands cadeaux qui soient?